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mercredi 18 novembre 2015

Des livres qui parlent de livres qui parlent de livres qui parlent de livres...

La lecture occupant une immense place dans ma vie, lorsqu'un livre parle lui-même de livres, d'écriture, de lecture, je suis enchantée. J'ai donc décidé de recenser ici aujourd'hui quelques livres qui parlent de livres et que j'ai eu le bonheur de lire. 

Cette idée m'est venue en raison de ma lecture actuelle, le manga de Umiharu Shinohara Le maître des livres.


J'aime énormément cette série qui se penche subtilement sur tous les aspects liés au livre et à la lecture. Ainsi, au fil des chapitres, il peut être question du rapport existant entre les bibliothèques et les librairies (concurrence ou complémentarité ?), des débuts d'un auteur jeunesse, de la façon dont insidieusement la lecture peut parfois nous couper de ceux qui nous entourent, du financement d'un bibliothèque privée, de la manière dont certaines lectures nous éclairent sur des situations vécues et peuvent nous aider à prendre des décisions.   

C'est fascinant et je dévore chaque nouveau volume !

De plus, de nombreuses références de livres sont mentionnées et reprises en fin d'ouvrage. Il s'agit donc d'une lecture qui va assurément en appeler beaucoup d'autres. Je me réjouis à l'avance ! 

Dans un tout autre registre, j'ai lu dans le cadre de ma collaboration au webzine littéraire La Recrue du Mois, le livre de Jean Dumont Les lectures terminales. 



Je vous invite à prendre connaissance de mon billet ici.

Pour terminer, impossible de parler de livres qui parlent de livres sans évoquer Les Carnets de Cerise, tome 2 - Le Livre d'Hector lu il y a quelques temps et que j'avais beaucoup apprécié. 

Si d'autres titres de livres parlant de livres vous viennent à l'esprit, n'hésitez pas à m'en faire part, c'est mon pêché mignon ! 

mercredi 4 novembre 2015

Hyperréalisme littéraire

Je suis bien consciente que le lien entre le livre de Susan Fletcher 
« Les reflets d'argent » 


et celui de Virginia Woolf 
« Mrs Dalloway » 

peut de prime abord surprendre.  

Pourtant, dans des styles effectivement très différents, ces deux auteures parviennent à exprimer la réalité des sentiments, des sensations, des perceptions avec une acuité rare que je choisis d'appeler hyperréalisme littéraire. 


La première, par ce procédé, propose un livre extrêmement touchant en nous plongeant au coeur des relations entre les personnages dont nous pouvons presque sentir le souffle mêlé à celui de la mer omniprésente. 

La seconde, usant elle aussi de descriptions extrêmement précises de ces instants qui mis bout à bout forment nos vies, offre un livre tourmenté, habité par des états d'âmes fragiles de personnes  hypersensibles. 

Deux atmosphères presque diamétralement opposées ressortent de ces deux livres : la première finalement apaisante, la seconde déstabilisante.  

Plus que de longs discours, j'ai choisi aujourd'hui de retenir deux extraits illustrant ce que je tente bien maladroitement d'exprimer ici. Les voici.

Un moment de pause et de songe chez Susan Fletcher 

Tabitha regarde la mer. Elle regarde la mer et se sent triste. Par le passé, elle espéra et espéra – mais à quoi bon ? Il n’y avait rien à faire. L’infirmière au parfum de miel prenait sa queue-de-cheval à deux mains – une moitié dans chaque main – et tirait dessus, la partageant en deux moitiés pour tendre le bandeau qui les attachait, et Tabitha en était réduite à la regarder faire, avant de quitter la salle en faisant couiner ses chaussures. Encore aujourd’hui, elle en souffre. Elle voit cette queue-de-cheval avec la même clarté, et ces chaussures aux semelles de caoutchouc chantent encore. Je suis infirmière, se dit Tabitha – mais dans son cas, rien ne sert d’avaler une cuillère de sirop, ou de mettre une pilule sur la langue. Il y a le corps et il y a l’esprit, et ce sont des choses différentes. Quel cœur peut-il être commandé ? Celui de Tabitha ne le peut. Le cœur de l’autre infirmière ne pouvait être dévié de son cours, ou de sa nature. C’est la faute à pas de chance – qu’y avait-il d’autre à dire ? Le cœur échappe à tout contrôle. Il est têtu, optimiste, merveilleux.
Même l’Homme-poisson ne peut rien pour moi dans ce cas. Elle sourit.


Un moment de pause et de songe chez Virginia Woolf

La fumée onctueuse, sans âcreté, du cigare vint lui caresser et lui rafraîchir la gorge; il la fit ressortir en anneaux qui se maintinrent résolument dans l'air un instant; bleus, circulaires - je tâcherai de trouver l'occasion de lui dire un mot en privé ce soir, se dit-il - puis s'étranglèrent en forme de sablier, et s'effilochèrent. Ils prennent de drôles de formes, se dit-il. Soudain il ferma les yeux, leva sa main avec effort, et jeta son cigare par le gros bout. Une sorte de plumeau vint balayer son cerveau, entraînant sur son passage des branches agitées, des voix d'enfants, des bruissements de pas, des gens qui passaient, le bourdonnement de la circulation qui croissait et décroissait. Il s'enfonça, de plus en plus profond, dans le duvet et les plumes du sommeil, s'enfonça, et finit par être complètement enfoui.